Voix off : Lorsque Darren Criss était à l’université de Michigan, il faisait du théâtre. Lui et ses amis ont écrit et a joué ça… A Very Potter Musical ! ils ont fait ça pour s’amuser, mais ils ont explosé des millions de vues sur YouTube. Darren a écrit beaucoup de chansons et maintenant dans Glee… il a vu qu’il pouvait chanter aussi. Darren est origine de San Francisco et fréquentait beaucoup le San Francisco theater pendant les années 90. C’est un gars hétéro qui a grandit au sein d’une communauté gay, donc en 2010, lorsqu’il atterrit finalement dans Glee, l’importance politique qu’a le personnage gay, Blaine, à la télévision, est quelque chose qu’il prend au sérieux.
Blaine : je cherchais une excuse pour pouvoir passer plus de temps avec toi.
Voix off : Mais bien sûr il n’est pas aussi sérieux. Darren a aussi fait ses débuts au cinéma avec le nouveau film Imogene, l’opposant à l’une des plus grandes artistes de comédie actuelles, Kristina Wiig.
Traduction de LAMYA.
Georges Stroumboulopoulos : C’est la raison pour laquelle Glee rentre dans la culture n’est pas juste parce que les gamins chantent et parce que c’est un phénomène vu le succès, mais il laisse certaines personnes penser ça, comme cet intellectuel Glenn Beck.
Glen Beck : Il y a environ un an et demi, je regardais Glee avec ma femme. Nous le regardions de cette manière « oh ! Mais c’est horrible ! « C’est horrible ce qu’ils apprennent aux jeunes lycéens ! ». Et j’ai dit à la fin de l’épisode, il y a un an et demi « nous perdons. Il n’y a aucune façon de battre ça.» Mais depuis un an, nous essayons de faire reculer ceci.
Georges Stroumboulopoulos: Le voici. Glenn a essayé de mettre en retrait Kurt (rires).
Darren : Le bon vieux Glenn.
Georges Stroumboulopoulos : C’est une partie de son dialogue qui est incroyable, n’est ce pas ?
Darren : Oui, je veux dire, je trouve ça cool que ça fasse partie d’un dialogue, de quelque chose qui est vraiment culturellement pertinent et puisse atteindre un gars comme lui. Je pense que c’est très bien que ce soit en bien ou en mal.
Georges Stroumboulopoulos: Ici c’est en mal.
Darren : Cela dépend de quel côté tu es. C’est un sujet dont on parle et qui a été traité.
Georges Stroumboulopoulos: C’est un challenge pourtant, d’essayer de garder ces conversations ? Parce qu’il y a beaucoup de chose- la vie est très souvent dans une zone grise, les choses ne sont pas forcément noires ou blanches…. Il y a des pressions sur la série. Cette série atteint tous les USA, une pression sur vous pour ne pas être impliqué politiquement.
Darren : Je ne pense pas qu’on ait été très politique.
Georges Stroumboulopoulos : Pour être honnête, je pense que Glee à la télévision, est politique.
Darren : Alors c’est cool ! Je ne pense pas qu’il y ait des personnes dans leur bureau, jouant avec sa moustache, pour voir s’ils vont les atteindre par une idée cachée.
Georges Stroumboulopoulos: Il est gay. Tout le monde est gay !
Darren : Et se dire, allez qu’est ce qui va énerver encore Glenn Beck. Je veux dire, ca va juste arriver comme ça, que tu le veuilles ou non.
Georges Stroumboulopoulos : Comment était l’événement LGBT avec le président Obama ?
Darren : Tu sais comment je suis arrivée à cet événement ? Désolée de tourner la question ! Mais Pink était prévu pour chanter lors de cette soirée. Mais elle a eu une sorte de gastro ou quelque chose, et donc elle était à l’hôpital. Et j’étais plutôt très étonnée car je me demandais mais quel genre de porte-carte ils ont à la Maison Blanche ? « Ok Pink, suivant ? Darren ! » (rires) Je ne vois pas comment ça marche, vraiment. J’étais genre « ils peuvent appeler Barbara, bref quelqu’un qui est très bon quoi ! » Je pense qu’ils ont du perdre un bon paquet de cartes.
Georges Stroumboulopoulos : Avant que tu ne partes, une question très rapide : Cu’est ce que le président Obama t’as dit, quand tu lui as parlé ?
Darren : Bon exactement, le plan avec Obama était de lui taper un poing. Attends, toi tu vas être moi et tu vas dire « Go mon pote ! » c’est moi, tu es moi et moi je vais être le président Obama et je vais faire exactement ce qu’il a fait. On se met debout comme si on était amis. Normalement je dois être beaucoup plus grand que toi.
Georges Stroumboulopoulos: Ok tu es plus grand car tu es Obama. Et tu étais du genre « mon pote ! ».
Darren : « Oh allez mon gars, fais un boum ! ».
Georges Stroumboulopoulos : Pour de vrai ?!
Darren : Je t’assure, il m’a dit de faire un boum.
Georges Stroumboulopoulos : (rires)
Darren : Il a corrigé la façon dont je tape un poing.
Georges Stroumboulopoulos : « Allez » (rire ) « fais un boom » (rire)
Darren : Je me suis dit « mais c’est tellement présidentiel ! Non seulement tu me dis que la façon dont je tape un poing n’est pas bon, mais en plus tu me dis comment mieux le faire ! Bam ! »
Georges Stroumboulopoulos : Je voudrais te demander après, mais je connais déjà la réponse.
Darren : Oui c’est la meilleure histoire qu’il m’est jamais arrivée.
Traduction de LAMYA.
George : Veuillez accueillir Darren Criss !
Darren : Salut !
George : Salut ! Content de te voir !
Darren : De même.
George : Bienvenue dans l’émission, Monsieur !
Darren : Merci ! C’est cool d’être à Toronto !
George : Comment vont les choses pour toi ?
Darren : Tout est excellent. Je passe toujours un bon moment quand je suis à Toronto, je ne sais pas pourquoi, c’est genre la quatrième fois que je viens et il y a toujours des gens cool, tout est cool. Je ne veux pas me porter la poisse en en parlant.
George : Félicitations pour tout ! Entre la télé et ton film, ça doit être un sacré parcours pour toi, tu es encore jeune.
Darren : Oui. Mais je pense que c’est le cas pour tout le monde. Quand tu as un but depuis longtemps et que tu l’atteins, c’est assez irréel, car tout est dans la poursuite de ce but, et quand tu l’atteins, que faire ? Est-ce que tu continues de tourner ? Je suis juste dépassé et reconnaissant à la fois.
George : La raison pour laquelle Glee est un phénomène culturel, ce n’est pas juste parce qu’on voit des jeunes qui chantent. Ca amène des choses de ce genre, des ninjas intellectuels comme Glenn Beck (animateur à Fox News).
[Vidéo d’un discours de Glenn Beck en juin : L’année dernière, j’ai regardé la série Glee avec ma femme. Et on a regardé comme ça : (il prend un air bouleversé). Certaines des choses qu’ils enseignent à des lycéens sont horrifiantes. Et je lui ai dit, il y a un an, un an et demi, « On perd. On ne peut pas battre ça. ». Mais si, on peut. Depuis un an, on essaye de mettre en place quelque chose pour repousser ça.]
George: Voilà. Glenn Beck…
Darren : Pas mal. Ce bon vieux Glenn.
George : C’est une partie incroyable du dialogue, non ?
Darren : Ouais. Je trouve ça cool que ça fasse même partie d’un dialogue, concernant quelque chose de culturellement pertinent. Que ça puisse atteindre un gars comme Glenn Beck, je trouve ça cool, pour le meilleur ou pour le pire…
George : Pour le pire !
Darren : Ca dépend de quel côté on se place. Mais on en parle.
George : Est-ce que c’est difficile de garder la conversation active ? Parce que dans la plupart, la plupart des sujets sont assez gris. Mais il y a des choses qui sont toutes noires ou toutes blanches. Le problème des droits de l’homme, c’est noir ou blanc. Et il y a de la pression. Ça passe sur une grosse chaine, dans toute l’Amérique. Est-ce qu’on va a déjà poussés à ne pas être politiques ?
Darren : Je crois que nous n’avons jamais été politiques.
George : Je pense que votre présence même, pour être honnête, que le fait que Glee passe à la télé, c’est politique, juste par le fait d’être là.
Darren : Cool alors. Mais je ne pense pas que les scénaristes se frottent la moustache et voient s’ils peuvent faire passer leurs opinions.
George : (en faisant semblant de se frotter la moustache) On va rendre les ados gays ! Tout le monde est gay !
Darren : Ils regardent leur liste et ils sont genre « Si on énervait Glenn Beck ! ». Les choses se passent juste, qu’il le veuille ou non. Les choses que j’imagine à propos de Glee et des messages positifs que la série adresse, c’est qu’ils essaient de rendre certaines choses normales. Et ce n’est pas juste une question d’égalité des droits, c’est une question de liberté d’expression, de pensée, toutes les bonnes choses.
George : La tolérance à propos des comédies musicales…
Darren : La tolérance… Exactement, car c’est très important !
George : Quand j’étais au lycée, si les gens avaient su qu’un ado aimaient les comédies musicales, ils auraient été bouche bée, pas parce que ça fait gay, mais parce que c’est des comédies musicales.
Darren : Exactement. A San Francisco, c’est genre « Il chante dans une comédie musicale ! Venez les gars » (Il fait une petite danse).
George : Donc ils étaient vraiment déçus quand tu as fait ton coming out en disant que tu étais hétéro ?
Darren : Qui sait ? Je ne sais pas. Qui sait à qui j’ai fait mon coming out en tant qu’hétéro ? Mais, de quoi je parlais ? Ah oui. Je pense que Glee cherche à normaliser les choses, pour qu’une politique devienne quelque chose de normal. Je pense que ce que je préfère dans la relation que j’ai dans la série, Blaine avec Kurt, c’est que beaucoup de fans sont attirés par leur relation, pas parce que c’est une relation gay entre deux jeunes, mais parce que c’est une relation vraiment sympathique, entre deux personnes qui sont très attirées l’une par l’autre et il y a beaucoup de positivité.
George : Tu joues un gars solide, presque comme un mentor, en tout cas un gars confident…
Darren : Quand la série a commencé, oui, mais au fur et à mesure de la série ils ont fait quelques brèches dans son armure…
George : Il fallait le rendre vulnérable pour que les gens continuent à l’apprécier.
Darren : Exactement. Il ne pouvait pas être trop parfait.
George : Travailler sur Glee, qui a presque sa propre marque de fabrique et a son propre impact, c’est une chose, mais tu as travaillé avec Kristen Wiig…
Darren : Ouais !
George : Elle change la donne en quelque sorte. Tu la connaissais avant ?
Darren : Je suis un énorme fan de Kristen Wiig. Je lui ai dit quasiment tous les jours sur le tournage. C’est dur de ne pas être fan. C’est difficile d’être une femme drôle. La comédie est une affaire d’hommes, surtout dans le divertissement. C’est difficile d’être une femme drôle que l’on prend au sérieux.
George : Et tu l’as vu ?
Darren : On l’a tous vu. Elle est tout simplement douée pour tout : elle est drôle, elle est jolie, elle est marrante d’une façon magnétique. C’est ça qui fait que la comédie marche, parce qu’on s’attache à elle. C’est vraiment un plaisir. Je travaille avec beaucoup de gens géniaux, je suis très…
George : D’accord. Restez avec nous, on parlera de sa rencontre avec le Président Obama. J’imagine qu’Obama t’a donné de sages conseils.
[Vidéo de Darren qui joue Good Old Moon en 2010]
Darren : En fait, c’était juste quand j’ai eu Glee. C’était entre le moment où j’ai eu Glee et je n’étais pas encore à la télé car je voulais garder mon boulot à Maggiano’s, où ça a été tourné.
George : T’as fait un évènement LGBT avec le Président Obama.
Darren : Tu veux savoir comment j’ai pu faire ça ? Désolé de dévier du sujet. Pink était censée y chanter et malheureusement, elle avait une grippe intestinale ou quelque chose comme ça, donc elle était à l’hôpital. Et j’étais ébahi parce que je me suis dit : « Quelle liste ils ont à la Maison Blanche ? ». Genre Pink. Suivant… Darren ! Je ne comprends pas comment ça marche. Ils auraient pu appeler Barbra ou Pat Miller [pas sûre du tout pour le nom], ils ont des gens plutôt cool. Je pense qu’ils ont perdu la carte de beaucoup de monde.
George : Avant de partir, vite fait, qu’est-ce que le Président t’a dit ?
Darren : Oh. Je vais faire exactement pareil. Mon plan avec Obama, c’était de lui faire un fist bump [frapper son poing contre le poing de quelqu’un d’autre].
George : OK !
Darren : OK, donc tu fais moi. Donc tu fais « Go my man ! ».
George: OK, c’est…
Darren: C’est moi.
George : D’accord.
Darren : Je vais faire le Président et faire exactement ce qu’il a fait. Est-ce qu’on peut se lever ?
[Ils se lèvent]
Darren : OK, fais comme si j’étais beaucoup plus grand que toi.
George : Donc je suis toi.
Darren : OK, donc on est là.
George : [Il fait semblant d’être plus petit que Darren] T’es plus grand, t’es Obama.
Darren : Ouais.
George : Et je fais genre « My man ! »
Darren : [Imitant Obama] Enfin, mec, il faut faire une explosion.
George : Pour de vrai ?
Darren : Ouais. Il m’a dit de faire une explosion. Il m’a corrigé à propos de mes manières pour faire un fist bump. Je me suis dit « C’est tellement présidentiel ! Non seulement vous me dites ce que je fais mal, mais vous me dites comment le faire mieux. ».
George : Je voulais te demander ce que tu aurais souhaité qu’il te dise mais je crois qu’on a déjà la réponse.
Darren : C’était ça. C’est ma meilleure histoire.
George : Est-ce que tu aurais été ami avec Blaine au lycée ?
Darren : Oh ouais ! Carrément, j’aurais sûrement été jaloux.
George : De qui as-tu toujours été un peu amoureux ?
Darren : Euh, Amy Adams (actrice qui joue la princesse dans Il était une fois). Mais pas un peu, beaucoup. Mais je lui ai dit. J’étais à un évènement et je lui ai dit « Je suis amoureux de vous, vous êtes géniale, amusez-vous bien ! ».
George : Et comment elle a réagi ?
Darren : Je suis sûr qu’elle pense toujours que je suis bizarre.
George : La chose la plus dure que tu aies jamais dû abandonner ?
Darren : Euh, ma vie privée.
George : C’est dur d’avoir une vie privée ?
Darren : Oui et non ! C’est une bénédiction donc je ne peux pas en être furieux.
George : Mais c’est un défi.
Darren : C’est un défi. Mais je pense que c’est pareil pour tout le monde. Ce n’est pas juste pour les acteurs, c’est les médias.
George : Tu es sur Instagram ?
Darren : J’essaye, je viens de m’y mettre. Je suis enfin cool. La prochaine fois que je viendrai, je ne parlerai pas du tout, je serai sur Instagram tout du long.
Traduction de MORGANE.
Le coup du « you gotta boom man » c’est juste énorme !!! xD
Elle est géniale cette interview ! :)